
La semaine du 23 au 30 septembre, traditionnellement perpétuée par la fédération des association des sourdes et malentendant a pris cette année une tournure particulièrement. Des associations de sourdes et malentendants de diverses régions du pays se sont réunies dans une manifestation d’ampleur pour dénoncer leur marginalisation et exiger une véritable prise en compte de leurs besoins.
La mobilisation, loin de se limiter à la capitale, a réuni des membres d’associations régionales, venus de Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor, pour ne citer qu’eux. Un front uni s’est ainsi formé pour porter des revendications claires et urgentes, qui touchent au quotidien de milliers de personnes.
Les problèmes soulevés par la communauté sourde sont multiples et profonds. Les manifestants ont mis en lumière un sentiment d’abandon et de frustration.
-Malgré leurs compétences, de nombreux sourds qualifiés peinent à trouver un emploi. Le manque d’opportunités et l’absence d’aménagements adéquats dans les entreprises les condamnent souvent à l’inactivité.
– L’éducation des enfants sourds reste un défi majeur. Les écoles spécialisées sont rares et les classes inclusives souvent mal équipées en ressources et en personnel qualifié. La qualité de l’enseignement est jugée insuffisante, compromettant l’avenir des jeunes sourds.
– La communication est un obstacle permanent. Que ce soit dans les services administratifs, les hôpitaux ou même à la télévision, le manque d’interprètes en langue des signes sénégalaise (LSS) rend l’accès à l’information et aux services de base extrêmement difficile.
– Les associations se plaignent du manque d’écoute des autorités. Leurs demandes, notamment celles d’ordre administratif, restent lettre morte. « On a le sentiment d’être laissés à l’abandon, » confie le président . « Même pour nos activités annuelles, nous devons nous débrouiller seuls, sans soutien. »
Le président de la Fédération des Sourds du Sénégal, Aliou Sow, a affirmé la volonté de sa fédération de passer à l’action directe. Il a exprimé son indignation face à l’inaction des services de l’État et notamment de la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS), qui est censée les accompagner. « Nous ne voyons aucun changement, malgré les discours du gouvernement, » a-t-il déclaré.
Face à ce constat, une initiative audacieuse a été lancée : demander une audience directe avec le président de la République. Le but est de « sauter » les échelons administratifs intermédiaires qui, selon M. Sow, « ne nous financent pas assez et ne nous écoutent pas ». L’objectif est de présenter directement au chef de l’État une « feuille de route » pour l’inclusion de la communauté sourde, dans l’espoir que des mesures concrètes et durables soient enfin mises en œuvre.
Cette manifestation témoigne une communauté qui est pendant trop longtemps, est laissée dans l’ombre.Espèrons que les maux seront entendue par le président de la république du Sénégal qui le pouvoir de transformer ces revendications en actions réelles et de donner une place légitime aux sourds dans la société sénégalaise.
